Orchestre Symphonique des Alpes

Avril 2026, concerts OSA

Le programme


Bedřich Smetana (1824 – 1884) est souvent considéré comme le « père de la musique tchèque » en raison de son rôle pionnier dans la création d’un répertoire musical national. Sa musique est profondément enracinée dans le folklore et les traditions tchèques, ce qui lui confère une identité unique et reconnaissable.

La Moldau, également connue sous son titre original tchèque « Vltava, » est une symphonie poétique. Cette œuvre, créée en 1874, est la deuxième des six symphonies poétiques qui composent le cycle « Má vlast » (Ma patrie). La Moldau est une célébration musicale de la rivière éponyme, qui traverse la Bohême et Prague.

La pièce commence par une représentation musicale des sources de la rivière, avec des flûtes et des clarinettes jouant des motifs légers et aériens. Au fur et à mesure que la rivière progresse, la musique devient plus riche et plus complexe, reflétant les paysages variés et les événements historiques qu’elle traverse. Les différentes sections de l’œuvre représentent des scènes telles que les chants des bergers, les danses de village, et même une bataille historique. La pièce culmine avec une représentation grandiose de la rivière se jetant dans l’Elbe, symbolisant l’unité et la continuité de la nation tchèque.

La Moldau est connue pour ses thèmes musicaux évocateurs et sa richesse orchestrale, qui créent une atmosphère pittoresque et suggestive. L’œuvre est considérée comme l’une des plus célèbres de Smetana et est souvent jouée par les orchestres symphoniques du monde entier.

Dans l’émission Les Clefs de l’Orchestre,sur France Inter, Jean-François Zygel explore et révèle les secrets, les mystères, les beautés des grands chefs-d’œuvre du répertoire symphonique. Une émission à écouter sur le compositeur tchèque Bedrich Smetana et de sa si célèbre Moldau.

Joseph Suk (1874 – 1935) a été l’élève d’Antonín Dvořák et son gendre. Suk a développé un style unique et il a surtout composé de la musique symphonique, influencée par la musique populaire, un courant qui avait débuté avec B. Smetana.

Le Scherzo Fantastique, composé en 1903, est l’une de ses œuvres les plus emblématiques, aux côtés de la Fantaisie pour violon qu’il a écrite quelques mois plus tôt. Le Scherzo Fantastique se distingue par ses couleurs orchestrales brillantes et scintillantes, ainsi que par la vitalité rythmique et la poésie qui se dégagent de l’œuvre. L’influence d’Antonín Dvořák est évidente, mais il est crucial de souligner l’habileté et l’inventivité dont fait preuve Suk dans son langage harmonique et mélodique.

Cette pièce offre une expérience musicale riche et captivante, mêlant tradition et innovation. C’est une œuvre à la fois classique et imaginative, imprégnée de l’esprit des contes et légendes slaves.

Antonín Dvořák (1841 – 1904), est l’un des compositeurs les plus éminents de la musique tchèque. Il s’est beaucoup inspiré des traditions folkloriques et des mélodies populaires de son pays. Les « Danses slaves » en sont un excellent exemple. Elles intègrent des éléments de la musique folklorique tchèque et slave dans une structure musicale classique.

Les « Danses slaves », appréciées pour leur vivacité, leur énergie et leur capacité à captiver l’auditeur, sont une série de pièces composées par Antonín Dvořák entre 1878 et 1886. Ces œuvres ont non seulement enrichi le répertoire de la musique classique, mais elles ont également contribué à la reconnaissance internationale de Dvořák en tant que compositeur de premier plan.

Les « Danses slaves » sont divisées en deux séries de huit pièces chacune. Chaque danse est caractérisée par un rythme distinctif et une mélodie accrocheuse, reflétant les différentes traditions de danse des régions slaves.

La première série, opus 46, composée en 1878, brille par son énergie, sa spontanéité et son enthousiasme.

  • Danse 1 : la « Polka » est une danse traditionnelle tchèque, caractérisée par un rythme vif et sautillant (2/4). La mélodie est simple et facile à mémoriser.
  • Danse 2 : la « Dumka » est une danse slave traditionnelle, caractérisée par un rythme lent et mélancolique. La mélodie est expressive et émouvante, avec des changements de tempo qui ajoutent une dimension dramatique à la pièce.
  • Danse 8 : la « Skočná » est une danse traditionnelle tchèque, caractérisée par un rythme vif et énergique. La mélodie est simple et mémorable, avec des motifs répétitifs qui facilitent l’écoute et la mémorisation.

La deuxième série, opus 72, composée en 1886, révèle un compositeur plus mûr, introspectif et harmonique.

  • Danse 2 : la « Chodský tanec » est une danse traditionnelle tchèque, caractérisée par un rythme vif et énergique. La mélodie est simple et mémorable, avec des motifs répétitifs. Cette danse est connue pour son caractère joyeux et festif.

Le concert de La Roche sur Foron

Décembre 2025, concerts OSA

Le concert du dimanche 7 décembre à 17h00, initialement prévu à l’Agora de Bonneville aura bien lieu mais à l’église Saint-Jean-Baptiste de La Roche sur Foron. Nous vous remercions de votre compréhension face à ce changement indépendant de notre volonté.

Le compositeur est mort, Stookey / Snicket
Direction M. renard
Conteur A. Dekeukelare

Le programme

En 1872, Georges Bizet reçoit la commande d’une musique de scène pour la pièce L’Arlésienne d’Alphonse Daudet. La pièce raconte l’histoire tragique de Frédéri, amoureux d’une « Arlésienne » qu’on ne voit jamais, et qui finit par se suicider après avoir appris son infidélité.

La musique de scène de Bizet fait la transition entre les dialogues ou s’y superpose. Si la tragédie de Daudet est un échec, le travail de Bizet est remarqué – sa « Marche des Rois » inspirée d’un noël provençal marquera les mémoires.

Organisée par Bizet lui-même dans le mois qui suit la création de la pièce, la première suite reprend notamment le festif « Carillon » et son tournoyant mouvement perpétuel de cors, le tendre « Adagietto » pour cordes avec sourdine, ou le tonique « Minuetto », qui oppose d’abord vents et bois, avant un gracieux trio déroulé sur un discret bourdon. Alors qu’il avait initialement composé la musique de scène pour un petit orchestre de vingt-six musiciens, quand Bizet reprend sa partition pour écrire une suite, il développe les effectifs de l’orchestre en ajoutant notamment un instrument encore tout récent, le saxophone.

Sept ans plus tard (et quatre ans après la mort de Bizet), son ami Ernest Guiraud (1837-1892) réunit d’autres morceaux pour former une Suite n°2. Son « Menuet », délicate élégie pour flûte solo contrastant avec un trio plus pompeux, est emprunté à La Jolie Fille de Perth. Surtout, Guiraud compose un finale novateur : une triomphale « Farandole » qui en vient à superposer la « Marche des rois » et la « Danse du cheval fou » de Bizet.

Suite n°1 (orchestrée par Bizet lui-même, 1872)


Prélude, avec son introduction grandiose, utilise un thème du choral de Provence « Marche des Rois ». Passages énergiques et épisodes plus doux s’alternent et créent une couleur provençale et dramatique.
Minuetto est une danse élégante d’inspiration classique dans une atmosphère légère, contrastant avec le Prélude.
Adagietto est une pièce d’une grande tendresse, confiée aux cordes seules. C’est la rencontre des amoureux. Il est d’un lyrisme intime et très expressif.
Carillon évoque le son des cloches provençales grâce à des motifs répétitifs. Les contrastes dynamiques créent une atmosphère festive.

Cette première suite montre la palette expressive de Bizet : éclat héroïque, danse, lyrisme et couleurs populaires.

Suite n°2 (orchestrée par Ernest Guiraud, après 1875)


Pastorale évoque la campagne provençale avec une atmosphère champêtre et douce grâce à un dialogue très fluide entre bois et cordes.
Intermezzo est un passage poétique et mélancolique avec un thème délicat confié aux bois.
Minuetto commence par de douces mélodies jouées par la harpe et la flûte puis devient une danse vive et élégante, aux contours plus énergiques que le « Minuetto » de la suite n°1. Toujours d’une inspiration classique mais avec une touche populaire.
Farandole est une grande danse provençale, construite sur la combinaison du thème de « La Marche des Rois » et de la danse traditionnelle de la farandole. Ce dernier mouvement monte en puissance pour terminer sur une conclusion brillante et festive.

Cette deuxième suite est plus populaire et dansante, avec des thèmes typiquement provençaux magnifiés par l’orchestration.

Nathaniel Stookey est un compositeur américain né en 1970. Lemony Snicket, né la même année, est un écrivain, lui aussi américain, connu pour ses ouvrages de littérature jeunesse (Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire). L’œuvre a été donnée en concert pour la première fois en 2006.


Le Compositeur est mort est un conte musical contemporain, drôle et intelligent, qui s’inscrit dans la lignée de Pierre et le Loup de Prokofiev. Il offre une initiation à l’orchestre symphonique par le biais d’une enquête policière absurde, ironique, mélangeant mystère, humour noir et satire. Grâce au texte de Lemony Snicket et à la musique de Stookey, l’œuvre parvient à captiver autant les enfants que les adultes, en combinant pédagogie, humour et inventivité musicale.
Dans ce conte musical, le récit prend donc la forme d’une enquête policière : le « narrateur-inspecteur » mène l’enquête sur la mort du compositeur. Tous les pupitres de l’orchestre deviennent suspects : cordes, bois, cuivres, percussions… Chaque famille d’instruments est présentée, interrogée et se « défend » en jouant une courte
démonstration musicale.

L’œuvre suit le schéma classique du conte musical pédagogique :

Dans un premier temps, le narrateur présente l’énigme (le compositeur est mort). Une ambiance mystérieuse est créée par l’orchestre.

Ensuite, les différentes familles d’instruments vont être interrogées par l’inspecteur et seront ainsi, chacune à leur tour, présentées au public :

  • Les cordes : présentées comme nobles, lyriques, mais aussi « suspectes » car omniprésentes dans l’orchestre.
  • Les bois : mis en avant par leur timbre coloré et expressif, souvent dans des dialogues humoristiques.
  • Les cuivres : majestueux et puissants, mais accusés de trop en faire.
  • Les percussions : bruyantes, accusées de désordre et de brutalité, elles apportent une touche comique.

L’orchestre entier devient suspect, avec une polyphonie où tous les pupitres s’expriment.

Dans sa musique, Nathaniel Stookey s’inspire des clichés orchestraux associés à chaque instrument (la flûte – pastorale, la trompette – militaire, la contrebasse – grave et inquiétante). Chaque pupitre « joue son rôle » en caricaturant sa personnalité. Chaque section musicale met en lumière les timbres spécifiques, permettant au jeune public de reconnaître les familles d’instruments. La voix du narrateur est aussi très importante et s’intègre dans la partition comme un véritable personnage.
Son orchestration est d’une construction remarquable et d’une grande richesse musicale. Stookey superpose différents éléments musicaux joués par différents pupitres en même temps, il varie les tempi tout le long de l’histoire, il passe d’une valse jouée par les cordes à de la musique « américano-latino » interprétée par les percussions, il intègre des extraits d’œuvres de compositeurs classiques (Mozart, Beethoven, Schubert, Stavinsky…) dans sa partition.

Finalement, l’énigme n’est jamais véritablement résolue et le mystère reste entier : l’humour réside dans la complicité entre musique et narration, et dans l’absurdité de la situation.